PRÉSENTATION DU SITE

DE MÉNOUVILLE

 

Petit village francilien de 90 âmes, situé au nord-ouest de Paris, à deux pas de la Picardie, en plein coeur du Parc Régional Naturel du Vexin, terre de prédilection des impressionnistes, Ménouville, seule commune française de ce nom, a le privilège de rester à l'écart des grandes voies de communication et des nuisances citadines et aussi d'avoir été épargné par les guerres.

A la fin du XVIIIème siècle, Saint-Georges de Ménouville était un hameau de manants qui travaillaient pour les Seigneurs des alentours.Devenu commune juste après la Révolution.

Voici le témoignage d'un instituteur, Jules Pestre, qui y enseigna en 1899 :

"Il y a 30 ans, nous dit-il, le baron de Beurnonville ( fils du général de même nom qui s'était distingué sous le 1er Empire pendant la guerre d'Espagne ) était presque le seul possesseur des propriétés non bâties.Il possédait, outre le grand parc de Balincourt, les deux tiers du territoire de la commune qu'il avait transformés en bois de sapins et en prairies.Mais depuis cette époque, par suite de ventes partielles, cette grande propriété se morcelle et ce qui en reste aujourd'hui est loué au grand fermier du pays et à d'autres petits cultivateurs.On y cultive des céréales, de la betterave sucrière, des plantes fourragères, du trèfle incarnat, de la pomme de terre. Les pommiers, poiriers, pruniers, pêchers et abricotiers y prospèrent.On élève des bovins et des vaches dont le lait est vendu à Pontoise et à Méru.La grande ferme a 300 moutons.Les chevaux assument les travaux des champs.Chaque famille a une basse-cour avec poules et canards.La vente des oeufs et des poulets se fait à Pontoise, à Méru et à Arronville.On peut voir d'assez nombreux faisans, quelques lapins, de rares lièvres, des écureuils.Sur les étangs du Parc, des poules d'eau, des canards, des oies sauvages.Les cultivateurs se plaignent d'animaux nuisibles, tels que renards et belettes.Aucune industrie.Quelques carrières vite abandonnées à cause de la mauvaise qualité de la pierre.Ce nom de Ménouville viendrait de "menu" et de "villa", en latin "village, domaine".C'est un village de formation récente, en haut duquel se trouve le bâtiment le plus ancien ,la grande ferme avec son pigeonnier octogonal.Autour se sont érigées des maisons d'ouvriers.

Aucun objet en pierre ou en bronze n'a été trouvé prouvant l'existence de populations gallo-romaines. Aucun vestige du Moyen Age et de l'époque féodale.

L'église de Ménouville se dresse dans le parc de Balincourt et n'appartient pas à la commune.Achetée en 1801 par le général de Beurnonville qui l'a mise à la disposition des villageois pour les offices religieux, elle est desservie par le curé de Vallangoujard.

Ménouville est bâti sur le flanc d'un coteau qui reçoit les premiers rayons du soleil levant. Dans le vallon coule une rivière peu large mais profonde, capable de faire marcher un moulin.Une ceinture de forêts de sapins le protège des vents humides de l'ouest et des vents froids du nord. Dans ces forêts au feuillage sombre, sillonnées d'allées larges circule un air pur imprégné de senteurs résineuses qui donne au malade force et santé.Tout cela, à deux pas de la ligne de chemin de fer qui relie Marines à Valmondois.La gare est à Vallangoujard.

En ce qui concerne l'Instruction Publique, en 1852, il n'y avait pas d'école, les enfants se rendaient les uns à Vallangoujard, les autres à Labbeville, de telle sorte que la fréquentation scolaire laissait à désirer. Monsieur Doré, maire à l'époque, pria madame Nicolle, femme de l' adjoint actuel d'ouvrir un cours. Avec l'accord de Monsieur l'Inspecteur, elle mit à la disposition des jeunes filles un local de sa maison.Le programme était simple: lecture, écriture,notions de calcul, grammaire, catéchisme et histoire sainte.Une large place était donnée à la couture, au lessivage, au lavage et au repassage.En 1857, l'école devenait mixte avec un effectif de 15 élèves.Pendant près de 30 ans madame Nicolle consacra son intelligence et ses forces à l'oeuvre qu'elle avait créée.En 1880, Monsieur le Préfet, sur proposition de Monsieur l'Inspecteur d'Académie et à la demande du Conseil Municipal, nomma monsieur Théodule Grenet instituteur de l'école mixte. Madame Nicolle prêta son matériel scolaire qui fut installé au rez-de-chaussée de la mairie.La maison commune était alors une pauvre et triste batisse située au bout du village.En 1882, grâce à un emprunt à la Caisse des Dépôts et Consignations, on confia l'édification de l'école à monsieur Lebas, architecte de Pontoise.La mairie-école fut inaugurée le 1er octobre 1882.On fit l'acquisition de nouveau mobilier et matériel scolaires (8 tables à 2 places, un bureau, une sphère, des cartes, un tableau des poids et mesures).Les résultats au Certificat d'Etudes Primaires étaient médiocres à cause des parents et aussi à cause d'une population flottante constituée de bergers, de vachers et d'ouvriers agricoles de passage rapide dans le pays.

Ménouville peut devenir un lieu de villégiature.Nous pensons que des gens, surtout de la capitale ou de la région parisienne, amis du repos et de la tranquillité, viendront donner de l'importance à la commune en s'y installant. "

Voilà ce qu'écrivait Jules Pestre le 19 août 1899.

Témoignage prémonitoire, Ménouville, en effet, au cours du XXème siècle, voyait arriver nombre de parisiens qui y établirent leur résidence secondaire et y trouvèrent un cadre idyllique, appréciant le calme et la tranquillité. Aujourd'hui les résidences secondaires sont devenues des résidences principales, l'école a fermé par manque d' élèves, l'industrie ne s'y est pas installée. Ménouville est et restera un petit village paisible et verdoyant où il fait bon vivre...

( Monographie conservée aux Archives du Val d'Oise, à Cergy )

 

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